Avec les progrès en médecine et en génétique, il est désormais possible de choisir les caractéristiques de ses enfants. Certains s’en inquiètent ; d’autres s’en félicitent. Pour prendre du recul, le philosophe Jonathan Glover nous propose une analyse précise des trois principales questions de cette problématique. D’abord, est-il légitime d’utiliser les diagnostiques préimplantatoires pour éviter d’avoir des enfants atteints de certains handicaps, même bénins ? Le risque est que ces interventions entraînent une dépréciation des handicapés dans la mesure où elles laissent entendre qu’il aurait mieux valu que ces personnes ne naissent pas. Ensuite, les parents peuvent-ils être libres de choisir les caractéristiques de leurs enfants ? Là, le problème serait que cette liberté des parents nuise à celle des enfants. Enfin, peut-on autoriser des modifications génétiques de bébés afin d’accroître certaines de leurs capacités ? Cette fois-ci, c’est principalement la manipulation du code génétique de l’humain qui fait peur.
Tout en préconisant la prudence, Glover se veut rassurant. Par exemple, en prenant l’exemple de la lutte contre le cancer, où les efforts thérapeutiques n’entraînent aucun manque de respect pour les cancéreux, Glover soutient qu’il peut très bien en être de même pour les handicapés. Quant à l’idée que choisir les caractéristiques génétiques de son enfant poserait des problèmes à ce dernier, elle n’est – aux yeux de Glover – pas valable dans les cas où ces choix donneraient à l’enfant les moyens de s’épanouir. Enfin, Glover explique qu’il n’y a aucune raison de penser qu’une modification génétique est en soi mauvaise. Si on arrivait à montrer que certaines caractéristiques génétiques ont des effets néfastes sur l’épanouissement des enfants et d’autres des effets positifs, il soutient alors qu’il faudrait juste supprimer les premières et introduire les secondes. En somme, pour Glover, il n’y a pas à craindre les progrès de la médecine procréative tant qu’ils sont orientés vers l’intérêt des enfants.
Thomas Lepeltier (octobre 2020).
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