En 2015, le philosophe Thierry Hoquet publiait un conte philosophique, Sexus nullus, ou l’égalité, dans lequel le héros principal prônait la suppression de la mention du sexe sur les registres d’état civil. Son argument était que cataloguer une personne en tant qu’homme ou femme n’a aucune utilité pour la vie civique, l’enferme dans les stéréotypes associés et entretient l’inégalité des sexes. Dans ce nouveau conte philosophique, dont l’histoire prolonge la précédente, Hoquet aborde un problème encore plus complexe : la place de la religion dans la société.
Cette fois, le personnage principal plaide pour la suppression de toute référence à la religion dans la vie publique. Plus précisément, il estime que la loi de 1905, dite de séparation des Églises et de l’État, est dépassée et que, si la liberté de conscience doit toujours être garantie, il faut remettre en cause le libre exercice des cultes. Dans un État laïc, la foi doit rester une affaire purement privée. Plus question donc que les religions bénéficient d’avantages fiscaux de la part de la puissance publique, plus question de voir l’État participer au bon déroulement des cultes et, surtout, plus question de voir les religions occuper l’espace public. Les motivations derrière cette refonte de la laïcité sont multiples. Mais un des principaux arguments mis en avant est que les religions sont toutes sexistes. Du coup, un État qui se veut moderne ne devrait pas favoriser l’implantation de ces institutions jugées archaïques.
Bien sûr, cette proposition politique soulève nombre de questions et de problèmes. Hoquet en est conscient. Mais la forme du conte philosophique, mettant en scène de manière vivante tous les débats qu’elle pourrait susciter, lui apparaît justement comme le meilleur moyen de pousser la logique des arguments pour souligner à la fois leur intérêt et les contradictions apparemment insolubles où ils conduisent. Sans prendre position, il offre ainsi une œuvre de fiction qui donne à réfléchir sur un sujet particulièrement brûlant…
Thomas Lepeltier,
Sciences Humaines,
296, octobre 2017.
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