L’univers livresque
de Thomas Lepeltier
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Compte rendu du livre :
 
Biodivesité
Le pari de l’espoir,
de Hervé Le Guyader,
Le Pommier, 2020.

La biodiversité de la planète baisse rapidement. Beaucoup de gens s’inquiètent d’une « sixième extinction », faisant suite aux cinq grandes extinctions du vivant s’étant produites dans des temps reculés. Certains évoquent même un effondrement de la vie sur Terre. Mais la situation est-elle à ce point désespérée ? Pour le biologiste Hervé Le Guyader, il ne faut pas trop dramatiser. Il conteste ainsi l’idée que nous soyons entrés dans cette sixième extinction. Pour les spécialistes du sujet, il y a « extinction » quand au moins 75 % des espèces vivantes disparaissent. Nous n’y sommes pas encore. Cela dit, au rythme où la biodiversité baisse de nos jours, cette sixième extinction pourrait se produire dans plusieurs siècles. À l’échelle des temps géologiques, c’est peu. Mais à l’échelle des temps historiques, il reste du temps pour agir, d’autant plus que la stabilisation de la population humaine et l’élévation de son niveau d’éducation, annoncées pour les décennies à venir, sont des facteurs connus pour favoriser une restauration de la biodiversité.

Il n’en demeure pas moins qu’il faut rapidement agir pour la préserver, estime l’auteur. Ce dernier cite bien sûr la nécessaire lutte contre la destruction des habitats naturels, contre la surexploitation des ressources, contre la pollution, etc. Mais il entend surtout nous inciter à vivre à un rythme moins effréné et à nous ouvrir à la nature. Il a probablement raison car la biodiversité dépend de notre façon d’habiter le monde. En même temps, la proposition est un peu vague. Surtout, elle laisse sans réponse la question de savoir quelle biodiversité protéger. Comme le signale l’auteur lui-même, « la biodiversité n’est pas intrinsèquement bonne ». Il y a en effet, dans le monde, de nombreuses formes vivantes dont la prolifération n’est pas souhaitable : virus, parasites, prédateurs, etc. Dès lors, plutôt que de chercher à protéger indistinctement la biodiversité, ne vaudrait-il pas mieux être sélectif pour optimiser la qualité de la vie sur Terre ?

Thomas Lepeltier,
Sciences Humaines, 324, avril 2020.


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