L’humanité fait de moins en moins d’enfants. La spirale du déclin semble enclenchée. Depuis que cette baisse du taux de fécondité est observée, les experts déclarent que cette situation va bientôt poser des problèmes. Mais, pour le démographe Paul Morland, ces problèmes sont déjà présents. De fait, il manque des bras et des cerveaux dans nombre de pays pour faire tourner l’économie, maintenir les services publics et préserver l’État providence. Certes, pour ces pays, l’immigration peut retarder les graves conséquences de ce manque de naissance, mais seulement en partie. Le seul véritable remède est de faire en sorte que les taux de fécondité repassent au-dessus du niveau de remplacement de la population, ce qui serait sans précédent.
D’aucuns pourraient penser qu’il peut y avoir des avantages à cette diminution de la taille de la population. Moins il y aurait d’humains, plus ils disposeraient de ressources. Mais l’auteur s’inscrit en faux contre cette idée. Selon lui, c’est l’inventivité humaine qui est la clé des ressources supplémentaires, que ce soit dans la façon de produire des aliments ou de trouver de nouvelles formes d’énergie. Or cette inventivité diminue avec la taille de la population. Un monde qui se contracte est donc un monde qui s’appauvrit. Bien sûr, la taille de la population ne peut pas croître indéfiniment. Mais l’auteur estime que sa réduction ne devrait pas se produire avant de disposer de technologies capables de remplacer une grande partie du travail humain.
Reste à trouver des solutions pour contrer la baisse de la natalité. L’auteur recommande un soutien financier aux familles, des congés parentaux prolongés et des services de garde abordables, afin de réduire les obstacles économiques. Il prône aussi des politiques valorisant la parentalité, un environnement favorable aux familles, ainsi qu’une immigration ciblée pour compenser les pénuries de main-d’œuvre à court terme. Ces mesures semblent essentielles pour maintenir une société dynamique. Rien ne dit toutefois qu’elles soient suffisantes. Il se peut donc que le déclin soit notre destin.
Thomas Lepeltier,
Sciences Humaines,
375, février 2025.
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