Le capitalisme, avec sa doctrine du libre-échange, est souvent décrié. Pendant longtemps, il était accusé de permettre aux pays riches de s’enrichir sur le dos des pays en développement. Ironiquement, de nos jours, les pays riches se plaignent de voir ceux qui le sont moins profiter des délocalisations et mettre leurs travailleurs au chômage. D’où un appel récurrent dans les mouvements populistes de droite comme de gauche pour la mise en place de barrières douanières. Et tant pis pour les plus pauvres. Mais, pour l’essayiste Johan Norberg, ces accusations ne sont pas fondées.
Dans ce plaidoyer en faveur du capitalisme, il avance que le libre-échange a permis à des millions de personnes de sortir de la pauvreté et que la « casse sociale » dans les pays développés n’est pas due à l’ouverture des frontières. Quant aux inégalités économiques entre pays, elles ne proviendraient pas non plus du capitalisme, mais d’une inégale application du libre-échange entre les pays en question : ceux qui l’implémentent s’enrichissent ; ceux qui ne le font pas restent pauvres. Comme le montre Norberg, c’est bien quand la Chine et l’Inde ont adopté des mesures de libre-échange que ces pays ont sorti leur population de la grande pauvreté. D’ailleurs, d’une manière générale, plus les pays encouragent le libre-échange, plus leur croissance est élevée, plus la pauvreté diminue, plus la corruption baisse, plus le sentiment de bien-être grandit et plus le respect pour les droits humains s’affirme. Norberg va même jusqu’à soutenir, exemples à l’appui, que les politiques de redistribution des richesses diminuent moins la pauvreté que ne le fait la liberté accordée à chacun d’investir là où bon lui semble.
Selon Norberg, cette force du capitalisme repose essentiellement sur sa « sagesse socratique », c’est-à-dire sur la reconnaissance du fait qu’un gouvernement, aussi avisé soit-il, ne peut savoir ce qu’il y a de mieux à faire pour le bien-être de sa population. Mieux vaut donc laisser les citoyens libres de choisir eux-mêmes et laisser la recherche du profit guider l’innovation. Bien sûr, cette thèse doit se discuter au niveau empirique. Mais l’intérêt de cet essai est justement d’appuyer son propos sur de nombreux travaux de recherche. Place donc au débat.
Thomas Lepeltier,
Sciences Humaines,
372, octobre 2024.
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