L’univers livresque
de Thomas Lepeltier
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Compte rendu du livre :
 
Au commencement était le sexe.
Aux origines préhistoriques de la sexualité humaine
,
de Christopher Ryan et Cacilda Jethá,
Alisio, 2021

Quel type de sexualité nous conviendrait le mieux ? Une idée souvent avancée est que les humains sont des animaux monogames, que les femmes cherchent spontanément des partenaires aptes à les protéger et que les hommes s’entichent des femmes les plus à même de porter leur descendance, c’est-à-dire jeunes et en bonne santé. Cette conception trouverait une justification biologique dans le fait que les femmes ne peuvent avoir qu’un nombre limité d’enfants, qu’elles sont en situation de vulnérabilité lors de leur grossesse et lorsqu’elles s’occupent de leur progéniture. D’où la nécessité d’être sélectives afin de trouver le bon partenaire qui leur apportera protection et assistance. De leur côté, les hommes peuvent avoir une nombreuse descendance à peu de frais mais, afin de s’assurer de leur paternité, doivent contrôler leur compagne. Pour répondre à ces contraintes biologiques, le couple monogame serait la meilleure solution du point de vue de l’évolution.

Toutefois, pour les auteurs de ce livre, tous deux psychologues, ce schéma n’est qu’une construction sociale qui s’est imposée avec la sédentarisation des premières sociétés humaines et qui nous fait, finalement, plus de mal que de bien. La tendance naturelle à la monogamie leur semble en effet démentie par l’existence de sociétés qui ne respectent pas ce shéma, mais surtout par la fréquence des adultères, des divorces et par le succès de la pornographie dans la société moderne où domine l’idéal de la fidélité au sein du couple. Ces données anthropologiques et sociologiques indiqueraient que nous ne sommes pas particulièrement adaptés à la monogamie. Selon les deux auteurs, nous aurions donc intérêt à retrouver la sexualité des premiers humains qui, sans être aussi débridée que celle des bonobos, nos proches cousins, devait être plus libre que celle permise par le schéma de la femme réticente et de l’homme à la fois jaloux et coureur de jupons. Ils montrent d’ailleurs qu’une compétition entre hommes pour l’accès aux femmes ne répond à aucune logique d’ordre biologique. Pour des raisons anatomiques, chez les bonobos, la compétition a lieu entre les spermatozoïdes des multiples mâles avec lesquelles les femelles s’accouplent. Or, côté humain, on retrouve une adaptation anatomique similaire. Il serait donc temps de vraiment libérer la sexualité des femmes, pour la satisfaction de tous…

Thomas Lepeltier (novembre 2021).


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