L’univers livresque
de Thomas Lepeltier
salvat-utilitarisme
Compte rendu du livre :
 
L’utilitarisme,
de Christophe Salvat,
La Découverte (Repères), 2020.

Voici trois problèmes d’actualité : la pauvreté dans le monde, les milliards d’animaux élevés dans de très mauvaises conditions, et les générations futures qui risquent de fortement pâtir du réchauffement climatique. Faut-il tenter de résoudre ces problèmes et, si oui, armés de quels principes ? Dans ce livre, le philosophe Christophe Salvat montre que l’utilitarisme répond clairement à ces questions. L’utilitarisme est en effet une approche de l’éthique qui considère qu’une action est bonne si elle augmente la quantité de plaisir ou, inversement, mauvaise si elle accroît la quantité de souffrance. Cette simple définition laisse transparaître un de ses principes fondamentaux, à savoir l’impartialité. Toute chose égale par ailleurs, un utilitariste cherche ainsi à augmenter la quantité de plaisir, quel que soit le lieu où se trouvent ceux qui sont affectés par ses actions. Par conséquent, il se doit de lutter contre la misère, autant près de chez lui qu’à l’autre bout du monde. Comme les humains ne sont pas les seuls individus capables de souffrir, un utilitariste se doit également de diminuer la souffrance des animaux autant qu’il le ferait pour des humains. Enfin, il doit se soucier autant des êtres sensibles qui vivent actuellement que de ceux qui vivront dans dix, cent, mille ans. L’utilitarisme se présente donc comme une approche de l’éthique qui est particulièrement concernée par les questions de la misère humaine, de la souffrance animale et du sort des générations futures. En ce sens, c’est une doctrine qui semble adaptée aux problèmes de notre temps. Pourtant, elle est souvent décriée. On l’accuse d’être trop exigeante, d’être imprécise sur ce qu’il faut entendre par « plaisir », de reposer sur des évaluations quantitatives très floues et d’aboutir à des positions contre-intuitives, voire scandaleuses. Mais, en présentant la façon dont l’utilitarisme, inauguré au xviiie siècle par Jeremy Bentham, a évolué avec le temps pour répondre à ces objections, Salvat montre qu’il ne mérite pas ce dédain et a tout à fait sa place dans la réflexion morale d’aujourd’hui

.

Thomas Lepeltier,
Sciences Humaines, 333, février 2021.


Pour acheter ce livre : Amazon.fr ou Place des libraires.